IREPS Poitou-Charentes

Présentation

L'Instance Régionale d'Education et de Promotion de la Santé Poitou-Charentes est composée de 4 antennes situées à Angoulême, La Rochelle, Niort et Poitiers.logo ireps pcEn lien avec les priorités de santé, l'IREPS Poitou-Charentes, acteur de terrain en santé publique, s'organise autour de 5 missions :

  • Documenter
    • mise à disposition d'un fonds documentaire en éducation pour la santé (outils pédagogiques, ouvrages, brochures et affiches...),
    • réalisation de produits documentaires (dossiers documentaires, thématiques ...),
    • conseil et accompagnement à l'utilisation et aux choix d'outils pédagogiques.
  • Accompagner et conseiller les porteurs de projets
    • dans les recherches documentaires,
    • dans l'écriture et le déroulement d'un projet en éducation pour la santé : méthodologie, évaluation, recherche de financements, de partenaires, ...
    • dans la création d'outils pédagogiques,
    • dans la mise en place de formations, d'animations,
    • dans la communication des actions d'éducation pour la santé.
  • Former et sensibiliser
    • aux concepts de santé publique, d'éducation et de promotion de la santé,
    • sur différentes thématiques de Santé, en fonction des publics,
    • à la méthodologie de projets,
    • aux techniques d'animation,
    • aux outils pédagogiques.
  • Coordonner et animer
    • contribuer à la concertation et à la coordination des acteurs concernés par l'éducation pour la santé dans la région et dans le département,
    • concevoir, mettre en œuvre, suivre et évaluer des projets en lien étroit avec les priorités régionales, départementales et locales en santé publique.
  • Participer à la définition des politiques de santé publique
    • participation à des groupes de travail,
    • participation à la Conférence Régionale de Santé,
    • participation à des groupes de travail nationaux mis en place par la FNES et l'INPES.

Action 2012 : campagne de vaccination

Source : IREPS

Permanence des soins

Problématique

La loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires » a dans ses objectifs d’optimiser la permanence des soins et le recours aux services d’urgence entre toutes les logo ARS poitou charentesstructures hospitalières, publiques et privées.

Cette optimisation passe par une analyse pour individualiser les réalités de terrain et permettre ainsi la reconnaissance de l’ensemble des services d’urgence publics et privés conduisant à la prise en charge financière des praticiens libéraux mobilisés pour les actes régulés.

Pour les libéraux, la permanence des soins doit s’établir sur la base d’un volontariat incontournable et surtout, il est indispensable que URPSles spécialistes libéraux déjà impliqués dans la permanence des soins soient reconnus.

La permanence des soins (PDS) se décompose en :

  • PDSA (ambulatoire)
  • PDSES (établissement de santé) 

Permanence des Soins Ambulatoires (PDSA)

Principe

La Permanence des Soins Ambulatoires concerne l' organisation de la réponse médicale aux demandes de soins aux horaires de fermeture des cabinets médicaux :

  • de 20 h à 08 h en semaine,
  • le week-end du samedi 12 h au lundi 08 h,
  • les jours fériés à partir de la veille à 20 h jusqu'au lendemain  08 h,
  • elle concerne aussi les ponts du lundi quand le mardi est férié, ou du vendredi quand le jeudi est férié.

Elle est articulée autour de la notion de Régulation Médicale. L'accès à la régulation se fait par un Numéro d'appel Unique : le 15
L'appel au 15 permet au patient d'être mis en relation avec un Médecin Régulateur qui, après avoir évalué le type de réponse adapté au besoin du patient :

  • lui donnera un conseil téléphonique,
  • lui proposera une consultation auprès du médecin libéral du secteur (Maison Médicale de Garde ou Cabinet Médical du Médecin de PDSA),
  • lui indiquera la nécessité de se rendre aux urgences,
  • lui diligentera une équipe du SAMU.

Les différents départements sont organisés en Secteurs de PDSA permettant de maximiser les possibilités de réponse médicale en fonction des conditions carte PCgéographiques, de la démographie médicale, et des flux de population en particulier estivale. Ainsi, le détail de l'organisation peut varier selon les secteurs, les horaires, les moments de l'année.

L'accès par le 15 assure au patient une réponse Médicale sur l'ensemble du territoire régional, et ce 24h/24 et 7 jours/7.

La particularité en Charente-Maritime est la déclinaison horaire variable en terme de présence de médecins généralistes effecteurs. Cette particularité n'entraine aucune modification pour le patient, qui est guidé par le médecin du centre 15 qui adapte sa réponse en fonction des possibilités dont il dispose sur chaque secteur.

PDSA durant les "ponts"

Possibilité de mettre un médecin de permanence des soins le lundi quand le mardi est férié, et le vendredi et samedi matin quand le jeudi est férié.
Il faut pour cela que le besoin en ait été ressenti et que le tableau de PDSA envoyé au Conseil de l'Ordre porte le nom du médecin de permanence.
Il s'agit d'une possibilité pour chaque secteur, sans caractère obligatoire.
Ceci permet à ceux des médecins du secteur qui le souhaitent de "faire le pont" sachant que la PDSA sera assurée, selon les modalités habituelles du secteur.
Si le secteur a prévu un tableau de PDSA sans nom de médecin pour le pont, le fonctionnement du secteur pour l'ensemble des médecins est celui d'un jour normal, et un absent doit veiller lui-même à ce que la continuité des soins pour ses patients soit assurée par l'un ou plusieurs de ses confrères. Dans ce cas, le tarif des actes est celui d'un jour ouvré de
semaine, sans majoration.
Si le secteur a prévu un médecin de permanence, celui-ci et UNIQUEMENT celui-ci, peut prendre une majoration de jour férié, et ce UNIQUEMENT pour les patients qu'il voit à la demande du Centre 15 sur les heures de PDSA correspondant à son secteur. Par exemple, il prend un tarif de semaine jusqu'à 10 heures du matin en consultation, puis laisse des plages libres pour d'éventuelles consultations régulées entre 10h et midi. S'il voit un patient régulé, il cote une C+MDD - s'il voit un de ses patients qui avait endez-vous, il cote C. Les autres médecins de ce secteurs qui auraient choisi de travailler ce jour
là le font en tarif habituel de semaine.
Ces périodes de PDSA font l'objet d'une rémunération d'astreinte selon les modalités habituelles du secteur.
A noter que si le cahier des charges prévoit la rémunération d'astreinte pour le samedi qui suit un jour férié, il ne la prévoit pas pour le samedi matin après un vendredi de pont.

Rémunération

  • 50€ par tranche de 4 heures - mutualisation à l'année si durée de l'astreinte inférieure a 4h.
  • 70€ de l'heure pour un médecin régulateur.

Pour en savoir plusscotch

Dr Laurent SEGUIN 

  • PDSA 16 2012
  • PDSA 17 2012
  • PDSA 79 2012
  • PDSA 86 2012

 

Permanence des soins en établissement de santé (PDSES)

Devenue, à la suite de la loi HPST, une mission de service public incluant les établissements de santé publics et privés.
Définie comme l'accueil et la prise en charge des patients en urgence dans une structure de soins d'établissement de santé en aval ou dans le cadre des réseaux de médecine d'urgence :

  •  la nuit de 20h à 8h,
  • le samedi après midi de 12h à 20h,
  • les dimanches et jours fériés de 8h à20h.

Concerne les plateaux techniques hautement spécialisés (PTHS) et les établissements de médecine, chirurgie obstétrique (MCO)
En sont exclus les hôpitaux locaux, Soins de Suite et Rééducation (SSR), Unités de Soins de Longue Durée (USLD), Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) et établissements psychiatriques.

Enjeux de la PDES

  • optimiser  l'accès aux soins,
  • améliorer la qualité de la prise en charge,
  • renforcer l'efficience par l'élaboration d'un schéma cible régional optimisant l'utilisation de la ressource médicale en privilégiant les mutualisations entre établissements indépendamment de leur statut et en facilitant la participation des praticiens libéraux à ce dispositif , en éliminant les doublons entre établissements sur une même activité pour éviter les dépenses inutiles et rémunérer uniquement les établissements assurant la mission de service publique de PDSES et en répartissant de manière équitable les contraintes d'exercice entre les secteurs publics et privés,
  • développer la télémédecine et la téléimagerie.

Indemnisation

La valeur des actes effectués dans le cadre de la PDS est du ressort de la convention nationale sur la base du tarif opposable du secteur 1.
Le montant des rémunérations forfaitaires (astreinte et garde sur place) tient du domaine réglementaire par arrêté ministériel.
L'arbitrage sur le terrain reste de la responsabilité de l'ARS à partir d'une enveloppe globale régionale ou FIR (pdfFond Régional d'Intervention), en diminution de 10% en moyenne pour la plupart des régions (en comparaison avec les budgets 2011).
Les modalités d'organisation de la PDS pour les établissements concernés relèvent d'un CPOM (contrat pluri annuel d'objectifs et de moyens) conclu entre l'ARS et l'établissement de santé après avis du président de la CME. Cet avenant précise les spécialités concernées, le nombre de lignes de garde et d'astreintes officielles, et le montant de l'enveloppe allouée à l'établissement ainsi que les obligations de l'ensemble des parties prenantes.
Une caisse CPAM pivot est mise en place pour assurer le règlement des gardes et astreintes directement sur le compte personnel du praticien (aucune redevance ne peut être prélevée par l'établissement).

En 2012, le montant des indemnités forfaitaires est :

  • pour une garde
    • 229 euros la nuit,  la journée du dimanche et d'un jour férié,  
    • 79 euros de 20h à minuit,
    • 150 euros de minuit à 8h, ainsi que le samedi après midi.
  • pour une astreinte
    • 150 euros pour la nuit, la journée du dimanche et d'un jour férié,
    • 50 euros de 20h à minuit et de 100 euros de minuit à 8h et le samedi aprèsmidi.

En Poitou-Charentes

Sur le Poitou-Charentes, on dénombre actuellement 210 lignes de garde et astreinte pour le public et seulement 18 lignes pour le privé (cf volet hospitalier du SROSS inclu dans le Projet Régional de Santé adopté en Dec 2011)

On ne compte pour le privé dans notre région que  2 services d'urgence (SU), à Poitiers (Clinique de la Providence) et à  Niort (Clinique Inkermann), et 2 groupements de coopération sanitaire de droit public (GCS) à Royan et Cognac (en phase de constitution).

Les indemnisations ne concernent pour le privé que quelques chirurgiens et  anesthésistes. Aucune indemnisation n'est attribuée aux autres spécialités (obstétriciens et pédiatres en maternité, radiologues, cardiologues, pneumologues,  gastro-entérologues, biologistes  etc ...) intervenant régulièrement dans le cadre de la permanence des soins dans les établissements précités.

Le directeur de l'ARS,  après avoir diligenté une enquête de terrain, a rencontré en Mars dernier dans le cadre de sa mission d'arbitrage  les représentants de la FHF, de la FHP et de l'URPS médecins en vue d'optimiser la PDSES en région...mais n'a pas encore pris de décision officielle. Il ne semble pas enclin à une trop grande concentration des moyens  et souhaite plutôt  conserver un maillage territorial efficient malheureusement contraint  par l'enveloppe FIR.

Les médecins libéraux concernés, confiants dans l'impartialité de l'agence, espèrent  bien voir aboutir leurs légitimes revendications d'indemnisation.scotch

En savoir plus :

Dr Bernard LEBRUN

Risques majeurs

L’information constitue une des conditions essentielles pour que la population connaisse les dangers auxquels elle peut être exposée, ainsi que les mesures de prévention, de protection et de secours, définies par les pouvoirs publics.
Le Code de l’Environnement, dans son article L 125-2, souligne que : “les citoyens ont un droit à l’information sur les risques majeurs auxquels ils sont soumis dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui les concernent”.
Le décret n° 90-918 du 11 octobre 1990, modifié par le décret n° 2004-554 du 09 juin 2004, précise le contenu et la forme des informations auxquelles doivent avoir accès les personnes susceptibles d’être exposées à des risques majeurs, ainsi que les modalités selon lesquelles ces informations seront portées à leur connaissance.
Le Dossier Départemental des Risques Majeurs s’inscrit dans l’esprit des textes sur l’information préventive des populations :risque naturel

Arrêt cardiaque

Comment équiper ma ville en défibrillateurs ?
Modalités et informations pratiques ....

Chaque année en France, 50 000 personnes meurent prématurément d'un arrêt cardiaque, le plus souvent en présence d'un témoin.
Cette situation n'est plus acceptable : moins de 2 à 3% des victimes d'arrêt cardiaque sont sauvées aujourd'hui, contre 4 à 5 fois plus dans certains pays où la population est formée aux gestes qui sauvent et où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes.... Sauver la vie d'un collègue, d'un parent, d'un passant c'est possible à deux conditions: se former aux gestes qui sauvent et augmenter le nombre des défibrillateurs en libre accès.....

Chaque commune est libre dans la démarche à mettre en œuvre pour s'équiper en défibrillateurs. Voici simplement quelques conseils pratiques tirés des expériences vécues par les communes pilotes en la matière...

1ère étape : Créer un groupe de travail avec des professionnels des premiers secours.

N'hésitez pas à faire appel à des médecins et cardiologues, des organismes de secours (SAMU, sapeurs-pompiers...) et des opérateurs de formation aux gestes qui sauvent (la Croix-Rouge française, par exemple) pour créer un groupe de travail sur le sujet.
Ces intervenants extérieurs apporteront, dés le début puis à chaque étape du projet, une vision et des compétences précieuses.

2e étape : Déterminer les lieux d'implantation.

Le choix des lieux d'implantation est primordial pour arriver à un maillage optimum.
De nombreux critères sont à prendre en compte tels que les taux de fréquentation et de passage de la population, la proximité de lieux à risques, la distance ou le temps d'accès entre deux défibrillateurs ou aux centres de secours...

3e étape : Choisir le matériel.

Le choix du matériel passe par un marché public auprès des différents fabricants de défibrillateurs.
Vous ne choisirez pas qu'un défibrillateur mais aussi un service de maintenance et de surveillance qui doivent y être associés : pensez à bien déterminer ce qui relève de vos services techniques et/ou du prestataire.

4e étape : Financer le projet.

Le projet peut être pris en charge dans sa totalité par la municipalité. Le budget alloué peut être géré par le Centre communal d'action sociale (CCAS), les Services techniques ou les Services généraux.
La ville peut aussi faire appel à des soutiens financiers extérieurs en recherchant des partenaires : des clubs service, des fondations ou même des organismes bancaires.

5e étape : Informer et former les personnels puis le grand public.

Il est préférable que l'installation des défibrillateurs soit accompagnée d'un dispositif de formation ou d'incitation à la formation aux gestes qui sauvent, afin qu'un maximum de personnes sache les utiliser. La ville peut prendre en charge la formation du personnel municipal puis inciter la population à se former aux gestes qui sauvent.
De plus il existe plusieurs types de formations adaptées à tous types de publics, dont notamment l'Initiation aux Premiers Secours, facile d'accès et d'une durée courte (2 heures maximum).
Cette étape est cruciale pour permettre une mise en œuvre optimale de votre projet sur le terrain.

6e étape : Communiquer pour asseoir le projet.

La ville ne doit pas hésiter à donner de la visibilité à son projet tant auprès des médias (presse locale/régionale) que des habitants.
Expliquez la démarche, l'implantation des défibrillateurs et leur fonctionnement. L'effet de bouche-à-oreille qui en découlera sera forcément positif de même que les perceptions sur le terrain.

 

 

Source : 1vie3gestes (Société Française de Cardiologie).

 

En savoir plus :

Démographie médicale en 2011

Il y a peu de temps encore, la démographie médicale était un sujet presque exclusivement réservé à la section spécialiste de notre Union. Aujourd’hui, malheureusement, la désertification médicale touche l’ensemble de la médecine de proximité. Notre retour d’expérience, sur le travail effectué par les spécialistes, nous permet d’apporter des réponses à l’Agence Régionale de Santé, aux collectivités locales et à nos partenaires pour la santé en région afin d’atténuer, voire renverser la tendance.

Les pistes de réflexions que nous investigons actuellement reposent sur deux concepts très liés. Les mesures préconisées sont forcement des mesures incitatives car, le jour où il faudra installer les médecins de façon autoritaire, il n’y aura plus de médecins à installer.
Nos propositions doivent permettre aussi d’installer durablement les professionnels de santé pour que tous les Français puissent disposer d’un accès durable aux soins de proximité sur l’ensemble du territoire. Nous ne souhaitons plus voir partir aussi vite qu’ils sont arrivés certains médecins,car cela est contre-productif.

L’Etat a déjà pris des mesures qui vont dans le bon sens :BGA07

  • en relevant, par exemple, le numerus clausus depuis 10 ans,
  • en répartissant mieux les étudiants entre les différentes spécialités avec un objectif de rééquilibrage entre les régions
  • en mettant en place des aides à l’activité dans les territoires sous dotés
  • en apportant une allocation mensuelle de 1200 euros à des étudiants en médecine en contrepartie d’un engagement à exercer (égal au versement de l’allocation) dans un territoire sous doté. C’est le contrat d’engagement de service public.

 Sur le plan régional, l’URPS médecine libérale travaille sur différentes pistes pour :

  • améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé installés en structurant au mieux les maisons de santé et pôles de santé, voire les centres de santé et l’accueil de cabinets carte poitou charentessecondaires et favoriser les aides à l’installation en développant les démarches de territoires reposant sur la complémentarité durable des offres de soins,
  • diffuser de l’information pour que les mesures incitatives soient bien connues des intéressés autant auprès des jeunes praticiens que des médecins retraités qui peuvent aujourd’hui retravailler en optant pour un cumul emploi/retraite,
  • mobiliser les collectivités territoriales sur le fait que la démographie médicale n’est pas seulement un sujet médical.

 L’environnement de vie du médecin et de sa famille est essentiel ; logement, transport, école, accès aux loisirs sont primordiaux pour que l’époux ou l’épouse accepte de s’implanter sur un territoire.
L’approche culturelle de la problématique est donc indispensable....

C’est par l’ensemble de ces mesures et d’autres à explorer (stages d’étudiants dans des  cabinets libéraux de médecine spécialisée par exemple), que la profession pourra défendre au mieux ses intérêts. Ces travaux feront l’objet d’une communication fin 2011, début 2012.

En savoir plus :

Responsable du projet : Dr Bernard Alliat

Démographie médicale : vers une baisse de la densité médicale à l'horizon 2030 ?

Avec 208.000 médecins en exercice au 1er janvier 2007, la densité médicale a peut-être atteint son apogée. C'est ce que laisse entendre une étude prospective de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux. En dépit d'une population plus nombreuse et plus âgée, le nombre de médecins devrait en effet décroître dans les prochaines années.

Intitulée "La démographie médicale à l'horizon 2030 : de nouvelles projections nationales et régionales" et publiée dans "étude et résultats" n°69 de février 2009, l'étude passe en revue quatre scénarios :projection demographie medicale 2030 - etude DRESS 2009

  • un de référence, reposant sur un maintien à long terme des choix individuels des médecins,
  • 3 destinés à apprécier l'impact de mesures d'ajustement alternatives.


Le scénario tendanciel montre qu'en dépit d'un important relèvement du numerus clausus à hauteur de 8.000 étudiants jusqu'en 2011, le nombre de médecins actifs devrait baisser de près de 10% dans les prochaines années. Il ne retrouverait son niveau actuel qu'aux environs de 2030...Cette tendance générale recouvre toutefois des évolutions très contrastées. La baisse sera ainsi plus marquée pour les spécialistes que pour les généralistes. En 2030, le nombre de spécialistes devrait être inférieur de 2,7% à son niveau de 2006 alors que celui des omnipraticiens progresserait très légèrement de 0,6%. De ce fait, le nombre de ces derniers serait supérieur de 3,4% à celui des spécialistes alors que les deux catégories sont aujourd'hui à égalité.

Au sein même des spécialistes, l'étude révèle de très fortes disparités :

  • +39,9% pour les chirurgiens,
  • -4,9% pour les anesthésistes réanimateurs,
  • +47,4% pour les neurologues,
  • +46,8% pour les médecins de santé publique...


Ces évolutions auraient pour effet de modifier les inégalités régionales sans les réduire pour autant. Sous l'effet conjugué de l'évolution démographique et de celle du nombre de médecins, la densité médicale :

  • chuterait ainsi fortement en Corse (-35%), en Languedoc-Roussillon (-30%), en Ile-de-France (-26%), en Provence-Alpes-Côte d'Azur (-26%) et en Midi-Pyrénées (-22%).
  • au contraire, elle croîtrait au contraire de 10 à 16% en Poitou-Charentes, Franche-Comté, Basse-Normandie, Bretagne, Auvergne et Lorraine.
  • autre tendance ; une concentration de l'activité médicale dans les pôles urbains avec CHU (54,3% des effectifs aujourd'hui).


Par Jean-Noël Escudié

Démographie médicale en 2008

En 2008, en Poitou-Charentes, près de 3 000 médecins exercent une activité libérale (exclusivement libérale, partiellement libéra­le avec une activité salariée dans un établissement de soins ou plein temps dans un établissement avec une consultation privée).
Parmi eux 1 797 sont des omnipraticiens et 1 202 des spécialistes.
Les effectifs varient dans un rapport de un à deux selon les départements, avec plus de 1 160 médecins ayant une activi­té libérale en Charente-Maritime contre un peu plus de 500 en Deux-Sèvres.

Rapportée à la population, l’offre régionale en mé­decins libéraux est supérieure à la moyenne nationale pour les généralistes (104 pour 100 000 habitants contre 97) tandis qu’el­le est inférieure pour les spécialistes (70 contre 86).

A l’échelle des départements, celui des Deux-Sèvres est le moins bien doté, tant pour les généralistes que pour les spécialistes. A l’inverse, le département de Charente-Maritime est celui qui présente les densités les plus importantes de Poitou-Charentes chez les omni­praticiens comme chez les spécialistes. Cet attrait pour les zones littorales et touristiques se retrouve également à l’échelle natio­nale avec une préférence marquée d’installation des profession­nels de santé dans les départements du sud de la France.